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Dans le Grand-Est, chaque détour de route peut révéler un paysage inattendu. Les vignes de Champagne ondulent jusqu’à l’horizon, les forêts vosgiennes s’étirent sur des collines brumeuses, et des villages aux maisons à colombages semblent sortis d’un autre temps. Ici, l’histoire et la nature s’entrelacent sans effort.
Les ruelles pavées de Strasbourg mènent à sa cathédrale élancée, tandis que Reims abrite des trésors gothiques et des caves séculaires. Dans les Vosges, les sentiers bordés de sapins se perdent vers des lacs paisibles, offrant un silence rare.
Qu’il s’agisse de goûter un vin d’Alsace au cœur d’un domaine, de flâner dans les marchés de Noël ou de s’arrêter devant une façade ancienne à Colmar, le Grand-Est se découvre par fragments. Chacun laisse une empreinte différente, mais tous racontent une région riche et multiple.
Top 5 visites guidées
Lieux à voir
Dans les Vosges, le Lac de Gérardmer s’étend comme une nappe sombre au pied des forêts. Le matin, la brume flotte encore à la surface et donne au paysage une allure presque immobile. L’été, les rives s’animent, certains s’y baignent, d’autres préfèrent longer les sentiers qui contournent l’eau.
Les promenades mènent souvent vers la vallée des Lacs, où d’autres étendues, plus petites, apparaissent entre les sapins. On y marche longtemps sans croiser grand monde, avec seulement le bruit de l’eau et du vent dans les branches. Le décor change au fil des saisons, parfois lumineux, parfois presque austère.
À quelques kilomètres, la station de La Bresse attire ceux qui cherchent les hauteurs. L’hiver, les pistes de ski descendent jusqu’aux hameaux, et quand la neige disparaît, les sentiers restent ouverts aux randonneurs et aux cyclistes. Les contrastes sont forts, mais toujours liés à la montagne.
Le Grand Est se dévoile ainsi, par petites touches. Le col de la Schlucht offre des panoramas plus larges, tandis que Gérardmer conserve ce rythme paisible autour de son lac. Des images simples, souvent silencieuses, que l’on garde longtemps après le passage.
Dans la vallée de la Meuse, Verdun revient souvent en mémoire, avec ses collines et ce silence qui pèse certains jours. La ville porte des traces visibles, d’autres plus discrètes, et l’on marche en pensant aux récits entendus depuis l’enfance. Rien d’appuyé, plutôt une gravité simple.
L’Ossuaire de Douaumont marque par sa sobriété. On avance lentement, on lit quelques noms, on lève les yeux vers la tour, et tout paraît se resserrer autour de soi. Le Mémorial de Verdun prolonge cette impression, objets et témoignages à hauteur d’homme, un parcours qui laisse des images précises.
Dans les bois, les ruines de Fleury-devant-Douaumont apparaissent par fragments, panneaux, creux de terrain, vestiges d’un village disparu. Plus bas, la citadelle souterraine déroule ses galeries, briques humides, échos, quelques silhouettes filmées qui racontent l’organisation de la guerre. On ressort avec la sensation d’avoir touché un passé très proche.
La ville montre aussi un autre visage, plus doux. Les quais de la Meuse invitent à la pause, la cathédrale et la porte Chaussée rappellent d’autres époques, moins bruyantes. Une boîte de dragées de Verdun dans la poche, et cette journée qui s’achève sans grand discours, mais avec des images qui restent.
Dans la vallée de la Weiss, Kaysersberg apparaît entre vignes et collines boisées. Le village garde une allure ancienne, avec ses maisons à colombages qui se penchent légèrement au-dessus des ruelles pavées. On avance sans se presser, le regard happé par les façades colorées et les enseignes en fer forgé.
Le centre dévoile plusieurs points forts. L’église Sainte-Croix, avec son portail roman, attire l’œil avant que l’on traverse le pont fortifié du XVIe siècle, massif et élégant à la fois. Plus haut, les ruines du château impérial dominent la vallée, offrant une vue large sur les toits serrés du village et sur les vignes qui s’étendent derrière.
Kaysersberg s’inscrit aussi sur la Route des Vins d’Alsace. Dans une cave, un verre de Riesling ou de Gewurztraminer accompagne volontiers la conversation, simple et conviviale. L’hiver, les marchés de Noël transforment les rues, guirlandes et odeurs d’épices donnant à la promenade une chaleur particulière malgré le froid.
Ce mélange de patrimoine, de traditions et de paysages marque sans qu’on le cherche vraiment. Une journée à Kaysersberg laisse des images contrastées, entre vieilles pierres, verres partagés et collines couvertes de vignes, des impressions qui restent bien après le départ.
Le centre historique s’étend sur la Grande Île de Strasbourg, entourée par les bras de l’Ill. On y circule à pied, le long des quais, entre ruelles serrées et façades anciennes. Chaque détour semble ramener vers une place animée ou un monument imposant.
La cathédrale Notre-Dame domine l’ensemble, élancée, presque démesurée au milieu des toits bas. Non loin, le Palais des Rohan rappelle l’élégance des grandes demeures, avec ses cours intérieures et ses salons transformés en musées. Les maisons à colombages de la Renaissance s’alignent encore, certaines légèrement penchées, mais toujours vivantes.
Un peu plus loin, le quartier de la Petite France garde un charme particulier. Les canaux bordés de terrasses, les ponts couverts, l’eau qui reflète les façades colorées, tout contribue à une atmosphère lente et attachante. On s’y arrête pour un café, ou simplement pour regarder passer le courant.
La Grande Île concentre ainsi le rythme de Strasbourg : monuments, ruelles commerçantes, marchés saisonniers. En hiver, les lumières du marché de Noël transforment les places, et la promenade prend un autre visage, plus intime mais tout aussi marquant.
Dans la Meuse, à une trentaine de kilomètres de Verdun, le Vent des Forêts se déploie comme un parcours singulier, un dialogue entre arbres et œuvres humaines. Six villages se partagent ce projet, Fresnes-au-Mont, Nicey-sur-Aire, Dompcevrin, Lahaymeix, Ville-devant-Belrain et Pierrefitte-sur-Aire. On y marche sur des sentiers où l’art se glisse sans prévenir, parfois discret, parfois éclatant, toujours en résonance avec le paysage.
Les circuits varient, trois kilomètres seulement pour une promenade courte, quatorze pour ceux qui aiment s’attarder. Une centaine de créations y sont nées, façonnées sur place par des artistes venus d’horizons différents. Elles ne restent pas éternellement, la pluie, le vent, le temps les usent, puis une autre prend la relève. Chaque sculpture devient ainsi un fragment d’histoire passager, fondu dans la forêt.
La marche n’impose rien. Certains y trouvent un vrai terrain de randonnée, d’autres se contentent d’une flânerie lente, curieuse. On avance, on lève les yeux, et soudain une forme surgit entre les troncs. Une surprise, une image qui s’accroche, une émotion parfois fugace.
Ce bout de forêt attire ceux qui aiment l’art, mais pas seulement. Les amoureux de silence, de grands espaces, s’y sentent à leur place. Vent des Forêts n’a rien d’un musée classique, il offre plutôt une respiration, un moment suspendu dans la nature lorraine.